lundi 24 janvier 2011

Un petit pot en bois où il rangeait tous ses souvenirs

Et ils tournent et tournent et tournent, les deux danseurs amoureux, ils valsent et s'éloignent, se rapprochent et s'enlacent au son de la septième, la descente au piano, un deux trois un deux trois un deux trois un deux trois, ils ne se quittent pas des yeux les deux enfants, quel âge ont-ils ? Sept ans ? Douze ? Vingt ? Soixante ? Le Temps ne les prend pas, il observe la scène, amusé, et touché, comme tous les spectateurs, et les danseurs, immortels voient passer et revenir les années, enfants, lorsqu'ils cueillaient des mûres dans la campagne à côté de la maison familiale où ses parents à elle et ses parents à lui passaient les vacances ensemble. Adolescents, lorsqu'au sortir des jeux insouciants ils s'embrassaient à l'ombre des peupliers, les pieds nus dans l'herbe frôlant la rivière. Elle jeune femme et lui jeune homme, dans son beau costume d'ingénieur et elle dans sa robe d'été quand ils se retrouvaient sur un quai de gare et s'enlaçaient en riant au nez des jours de pluie. À l'heure où la fougue devient sagesse et où les marronniers se teintent d'or et de pourpre, quand dans les allées du parc, ils marchent main dans la main, toujours amoureux, un sourire mélancolique, triste que cela doive finir bientôt et heureux d'avoir vécu l'un aux côtés de l'autre. Ils valsent, les deux amoureux, ils tournent et tournent et tournent, se rapprochent et s'enlacent au son de la septième, qu'un monsieur appelé Frédéric a composé il y a longtemps, comme pour qu'ils puissent être heureux

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