Entouré de livres, d'une boîte d'aquarelle et c'est tout. Il n'était pas très âgé, cinq ans, six tout au plus. Éclairé par une petite chandelle qui était la seule source de lumière qu'il ait jamais connu, le petit garçon conversait avec les anges, enfermé dans une pièce poussièreuse qu'il considérait comme son refuge. Vincent n'avait jamais connu que ça, cette petite pièce hors du temps. Elle était sûre, chaleureuse et vous protégeait du reste du monde. Il s'asseyait au centre de la pièce et regardait la flamme de la bougie qui dansait. Et il lui parlait, lui racontait ses craintes, ses peurs, ses doutes et ses certitudes et la flamme l'éclairait du mieux qu'elle pouvait, ça lui suffisait à Vincent, il n'avait jamais connu que ça.
Un jour que le petit garçon se réveillait dans son antre, parmi ses bouquins. Une porte était apparu dans un angle de la pièce. Pas très grande, en bois sombre. Il fallait vraiment vouloir regarder pour savoir qu'elle était là, on ne la voyait pas en un coup d'oeil et la chandelle n'en éclairait qu'une petite partie. Vincent s'approcha et posa la main sur la poignée. Elle était glacée mais il avait envie de pousser cette porte. Son refuge, sa tanière ne lui suffisait plus, il voulait voir autre chose que la douce étreinte de l'ombre qui le berçait le soir et le faisait s'assoupir, un livre dans la main. Il voulait enfin avoir quelque chose à faire avec sa boîte d'aquarelle. Il poussa la porte. Soudainement, une immense lumière éclaira la pièce, venant du Dehors. Il fit un pas vers la Lumière et se retourna une dernière fois vers son Secretoire. Et il vit la véritable apparence des choses. Ses livres étaient imprimés à l'envers ou bien ne consistaient qu'en des pages blanches. Le sol était couvert de poussière, les murs de toiles d'araignées. L'obscurité qu'il avait aimé comme une mère avait disparu et il se trouvait là, face à la Vérité. Il avança vers la Lumière, avec son aquarelle et son chandelier.
dimanche 2 janvier 2011
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