Paris. Un dimanche après-midi d'automne. Il pleut de ces pluies joyeuses où le ciel a une teinte grise et sépia. Un air de Chopin s'échappe d'une fenêtre ouverte et une plume volette dans l'air. Le claquement des talons aiguilles sur les pavés glissants. Le battement régulier des passants sur les escaliers de Montmartre. La danse des parapluies noirs qui courent le long des trottoirs. La plume tombe en tournoyant telle une danseuse et se pose doucement sur un banc dont la peinture écaillée est martelée par la pluie. Le parc est désert, la fontaine est éteinte et les allées de gravier deviennent des chemins de boue glissants où les enfants ne courent plus bruyamment. Il y a bien longtemps que ce parc est ouvert et il a vu défiler les ombrelles et les longues robes claires des dames endimanchées venues là pour lire un roman d'amour et laisser les enfants jouer au cerceau. Il a vu les jeudis ensoleillés jouer les culottes courtes sur les pelouses pourtant interdites et près du bassin, quand ce n'était pas dedans. Il a vu des papas qui emmenaient leurs fils pour essayer le nouveau cuirassé télécommandé et s'est rendu compte que c'étaient les papas qui jouaient le plus avec, un sourire enfantin accroché au visage pendant que le fiston boudait et attendait impatiemment que son père se rappelle que 40 ans est un âge bien trop élevé pour devenir amiral.
Ce parc a vu des centaines d'histoires se faire et se défaire ici. La jeune fille qui venait ici toutes les semaines pour prendre l'air et qui un beau jour sur son banc a trouvé ce charmant jeune homme perdu qui s'était posé là par hasard. La femme triste qui pleurait sur son banc en regrettant les jours heureux. L'enfant qui s'était égratigné le genou et qui séchait ses larmes à côté de sa maman toute douce qui lui avait acheté une glace pour le consoler. La vieille dame qui donnait à manger aux canards, le vieux monsieur qui regardait dans le vague. L'écrivain qui venait trouver l'inspiration là. Les jeunes gens qui se promenaient en s'enlaçant du regard. La jeune mère qui promenait son bébé dans son landau. Et les vagabonds qui venaient jouer un peu d'accordéon ici. Les oiseaux se promenaient et papillonnaient et tout ce petit monde était contenu à travers les âges dans ce square. La plume reprend son envol sous une brise légère et doucement, la pluie s'arrête. Je vois bien que je vous parle trop. Ecoutez seulement le titre et regardez la scène, mademoiselle ou bien monsieur. Vivez, je vous en prie. Merci d'avoir pris le temps de m'écouter, je reviendrai un autre jour, c'est promis, sur ce même banc, j'aurai le même parapluie sombre et encore une histoire à vous raconter, alors à la prochaine ma chère ou mon cher, je me retire dès à présent.
vendredi 5 novembre 2010
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Une autre chanson que celle de ton titre passe en fond. Les petits dorment et moi, je me souviens.
RépondreSupprimersi un jour tu écris un livre je pense que je serais tenté de l'acheter en livre de poche
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