Un rayon de soleil, du vent, il faisait froid mais je me sentais heureux, je ne sais pourquoi. J'aime bien les vents froids, ça me fait penser à d'immenses étendues d'eau remplies d'animaux légendairement grands. Une falaise. Je vais au sommet, juste au bord, et je regarde l'eau se mouvoir amplement, de grandes ombres apparaissent et disparaissent. Je tends les bras, et comme crucifié, je me laisse tomber dans le Glacial. Je vois tout, clairement. Je ne vois pas le fond, il est dans l'obscurité. Je vois des créatures imaginaires planer dans les ondes, je sens le froid me déchirer la peau. Je nage et il fait toujours plus froid, je sens une ombre passer au dessus de moi, et aperçois un gigantesque léviathan, qui pousse un cri, pareil au chant des baleines, sa voix est telle qu'on en vient à penser qu'elle regroupe toutes les beautés du monde. A ce chant, les autres créatures répondent, par des sons courts, assez aigus. Une harmonie se crée.
Du fond monte une majestueuse vibration, grave et lente comme si le Froid lui-même s'exprimait. Le fond n'était pas dans l'obscurité, c'est uniquement le corps sombre d'une créature dont je ne percevais qu'une infime partie, qui sait à quoi elle ressemble, cette Muse dont le corps semble s'alanguir sur la terre entière.
jeudi 28 janvier 2010
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