Je tire ma révérence et referme la porte en partant, essuyez-vous les pieds avant d'entrer.
Bonsoir
vendredi 5 août 2011
57
Scribouillé à la plume par votre Humble,
Flo
Pile-poil à
8/05/2011 08:57:00 AM
0
Objection(s) votre Honneur !
Le crissement des dents quand on mange du sable
Ils sont tous les deux attablés. Il n'est pas dans les habitudes des Lanquin de dîner si tard mais depuis quelques temps, les habitudes se perdent dans la bonne société. Comme ces valets qui disparaissent sans même donner de lettre de démission. Et le cuisinier que l'on a retrouvé mort dans la marmite qui contenait le civet de lapin. Vraiment, les bonnes manières se font rares ces temps-ci.
Scribouillé à la plume par votre Humble,
Flo
Pile-poil à
8/05/2011 08:43:00 AM
0
Objection(s) votre Honneur !
lundi 25 juillet 2011
La danse des éléphants
C'est lent et gras. Les mouvements de leurs chairs trop amples pour être rapides. Comme un bouton ralenti. Les gros dansent. C'était un des plaisirs du Roi. Il les faisait venir au milieu de son salon, il y en avait trois en tout. Un homme et deux femmes. Semblables à des montagnes, il les avait fait raser, trois oeufs d'autruche énormes plantés au milieu d'un amas de graisse que la peau avait du mal à contenir. Le Roi appelait toute sa cour, sa famille, ses amis et claquait des mains, deux fois, très rapidement. C'était le signal. On ouvrait les deux portes et on amenait les gros. Enchaînés par le cou, ils avaient le regard vide. Ca gargouillait, les plis étaient les uns sur les autres et une forte odeur de transpiration rance venait s'associer à la vue de ces immondes bêtes. Les gens riaient à leur vue, en les pointant du doigt. Montrant les monstres ridicule d'un doigt accusateur, ils déployaient leurs gorges vers le plafond, en éructant un rire strident sur une rangée de dents jaunâtres auxquelles se mêlaient des gouttes de salive. Puis l'orchestre entonnait une danse orientale très lente. Et, libérés de leurs chaînes, les gros dansent. Ils bougent lentement le tas qui leur sert d'enveloppe charnelle et c'est répugnant de voir toute cette viande onduler au rythme hypnotisant des instruments. Ils ne marchent pas, ils sont tous les trois en triangle et bougent en affrontant le regard des Autres qui rigolent plus fort encore.
Ils sont semblables et seuls leurs sexes les distinguent. Ils ont tous le crâne chauve soutenu par trois ou quatre mentons qui supplantent leurs cous. Les seins viennent s'affaler comme des phoques épuisés sur la banquise de leur panse gargantuesque. Ca déborde, des gens vomissent.
Il est difficile à croire que ce spectacle glauque qui mêlait toute la graisse humaine, les odeurs corporelles les plus aigres et le rire le plus cruel fut un des plus appréciés du Roi
Ils sont semblables et seuls leurs sexes les distinguent. Ils ont tous le crâne chauve soutenu par trois ou quatre mentons qui supplantent leurs cous. Les seins viennent s'affaler comme des phoques épuisés sur la banquise de leur panse gargantuesque. Ca déborde, des gens vomissent.
Il est difficile à croire que ce spectacle glauque qui mêlait toute la graisse humaine, les odeurs corporelles les plus aigres et le rire le plus cruel fut un des plus appréciés du Roi
Scribouillé à la plume par votre Humble,
Flo
Pile-poil à
7/25/2011 04:18:00 PM
0
Objection(s) votre Honneur !
dimanche 24 juillet 2011
Un gelato al limon
Quand je lui ai dit que j'y arrivais pas, il s'est mis à rire.
"Pourquoi t'y arrives pas ?
-J'sais pas, ça bloque, c'est trop rapide, j'dois penser à trop de trucs en même temps
-Voilà, c'est ça ton problème, tu penses trop, arrête de penser un peu, faut que tu te lâches, que ça vienne naturellement"
Il en avait de bonnes lui, arrêter de penser et laisser venir naturellement. Quand j'ai connu Lucilio, il portait le même costume beige, la même coupe impeccable et gominée, les mêmes souliers cirés et avait toujours une cigarette au coin du sourire. Et j'vous dis ça mais je le connais depuis dix ans. Et déjà à l'époque il faisait ronfler sa guitare comme personne. Ça partait dans tous les sens en restant mélodieux, et il jouait même pas de la guitare, il avait un jour posé ses mains sur ses hanches en bois et depuis il l'avait aimée chaque jour un peu plus. Ça vous jouait Minor Swing mieux que Django et avec un visage aussi serein qu'un moine tibétain. Une pointure, un cador, des comme on n'en fait plus j'vous dis. Et puis un jour moi aussi j'ai voulu retomber amoureux et poser mes mains sur des hanches alors je lui ai demandé.
C'est pas croyab' ce type, regardez-le. Des araignées à la place des mains, un rythme du tonnerre, et il trouve encore le moyen de raconter une connerie ou un mot doux à l'oreille de la serveuse. Faut dire que Hélène est sacrément jolie. Seulement voilà, Hélène on la couillonne pas comme ça. Y'a ptêt des serveuses désespérées qui regardent pas trop à qui les tripote dans des hôtels miteux, mais Hélène elle serait plutôt du genre à vous promettre le grand soir juste pour rire et à briser tous vos espoirs d'un sourire qui veut dire "t'excite pas garçon, c'est un jeu va".
"Lucilio, j'y arrive pas
-Regarde ta gratte au début, ça viendra tout seul
-Facile à dire, toi t'y arrives déjà, tes débuts ça fait longtemps que tu les as oubliés
-Crois pas ça p'tit gars, j'oublierai jamais mes débuts"
A ces mots, Lucilio sourit un peu plus doucement. J'insiste pas, c'pas le genre de type à qui on demande de déballer sa vie. Je réessaie. C'est toujours aussi mauvais mais à quoi bon, autant continuer. Il m'accompagne à la pompe et moi j'improvise un peu comme je peux. Ah ils sont beaux les frères manouches, un duo comme ça, c'est rare mon ami. Ca frise, ça sonne trop bas, puis trop haut, puis ça s'étouffe, je me noue les doigts et Lio éclate de rire. J'boude, j'sais pas, ça me rend fou que ce soit aussi compliqué et que ça paraisse pourtant la chose la plus naturelle du monde.
"Allez, on verra ça demain, j'sens que tu t'impatientes là
-Ouais, je sais pas, j'ai l'impression d'avoir des mécanismes rouillés à la place des doigts
-Je te le dis, si tu veux vraiment réussir, t'emmerdes pas avec le nom des accords, des gammes etc. Au début si, parce qu'il faut bien apprendre où sont les différents sons et tout ça mais après, ne joue pas, n'apprends pas de morceaux. Vis"
Il m'a serré la main et est parti dans la direction inverse. J'ai réfléchi à ce qu'il venait de me dire.
Je trouve ça merveilleusement pathétique de réfléchir sous la pluie mais ça n'appartient qu'à moi.
"Pourquoi t'y arrives pas ?
-J'sais pas, ça bloque, c'est trop rapide, j'dois penser à trop de trucs en même temps
-Voilà, c'est ça ton problème, tu penses trop, arrête de penser un peu, faut que tu te lâches, que ça vienne naturellement"
Il en avait de bonnes lui, arrêter de penser et laisser venir naturellement. Quand j'ai connu Lucilio, il portait le même costume beige, la même coupe impeccable et gominée, les mêmes souliers cirés et avait toujours une cigarette au coin du sourire. Et j'vous dis ça mais je le connais depuis dix ans. Et déjà à l'époque il faisait ronfler sa guitare comme personne. Ça partait dans tous les sens en restant mélodieux, et il jouait même pas de la guitare, il avait un jour posé ses mains sur ses hanches en bois et depuis il l'avait aimée chaque jour un peu plus. Ça vous jouait Minor Swing mieux que Django et avec un visage aussi serein qu'un moine tibétain. Une pointure, un cador, des comme on n'en fait plus j'vous dis. Et puis un jour moi aussi j'ai voulu retomber amoureux et poser mes mains sur des hanches alors je lui ai demandé.
C'est pas croyab' ce type, regardez-le. Des araignées à la place des mains, un rythme du tonnerre, et il trouve encore le moyen de raconter une connerie ou un mot doux à l'oreille de la serveuse. Faut dire que Hélène est sacrément jolie. Seulement voilà, Hélène on la couillonne pas comme ça. Y'a ptêt des serveuses désespérées qui regardent pas trop à qui les tripote dans des hôtels miteux, mais Hélène elle serait plutôt du genre à vous promettre le grand soir juste pour rire et à briser tous vos espoirs d'un sourire qui veut dire "t'excite pas garçon, c'est un jeu va".
"Lucilio, j'y arrive pas
-Regarde ta gratte au début, ça viendra tout seul
-Facile à dire, toi t'y arrives déjà, tes débuts ça fait longtemps que tu les as oubliés
-Crois pas ça p'tit gars, j'oublierai jamais mes débuts"
A ces mots, Lucilio sourit un peu plus doucement. J'insiste pas, c'pas le genre de type à qui on demande de déballer sa vie. Je réessaie. C'est toujours aussi mauvais mais à quoi bon, autant continuer. Il m'accompagne à la pompe et moi j'improvise un peu comme je peux. Ah ils sont beaux les frères manouches, un duo comme ça, c'est rare mon ami. Ca frise, ça sonne trop bas, puis trop haut, puis ça s'étouffe, je me noue les doigts et Lio éclate de rire. J'boude, j'sais pas, ça me rend fou que ce soit aussi compliqué et que ça paraisse pourtant la chose la plus naturelle du monde.
"Allez, on verra ça demain, j'sens que tu t'impatientes là
-Ouais, je sais pas, j'ai l'impression d'avoir des mécanismes rouillés à la place des doigts
-Je te le dis, si tu veux vraiment réussir, t'emmerdes pas avec le nom des accords, des gammes etc. Au début si, parce qu'il faut bien apprendre où sont les différents sons et tout ça mais après, ne joue pas, n'apprends pas de morceaux. Vis"
Il m'a serré la main et est parti dans la direction inverse. J'ai réfléchi à ce qu'il venait de me dire.
Je trouve ça merveilleusement pathétique de réfléchir sous la pluie mais ça n'appartient qu'à moi.
Scribouillé à la plume par votre Humble,
Flo
Pile-poil à
7/24/2011 07:22:00 PM
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Objection(s) votre Honneur !
jeudi 21 juillet 2011
10:48
C'est prétentieux tout ce que j'écris là. C'est horriblement prétentieux.
Scribouillé à la plume par votre Humble,
Flo
Pile-poil à
7/21/2011 01:47:00 AM
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mercredi 13 juillet 2011
Le temps ralenti roule rougeoyant
Je vois tout tomber autour de moi, en pluie de gravats, ça s'écroule. J'en n'ai rien à foutre, je n'ai plus rien à perdre. Je vois une flamme s'avancer vers moi et soudain je suis assis sur les genoux de ma mère, en train de pleurer pour une écorchure qui fait pas si mal mais j'avais vraiment envie d'un câlin. Je me revois tendre la main timidement pour prendre la main de la jolie brune aux yeux verts qui me sourit en m'aimant. Je la revois dans une mare rouge s'éloigner tout doucement. Je me rappelle de ces heures, de ces jours et de ces nuits où j'oubliais tout en me plongeant dans des piles de bouquins, et je me rappelle de ce premier meurtre. Il faisait sombre. J'étais angoissé comme jamais, sachant pertinemment que ce geste allait changer ma vie. J'ai toujours eu peur du changement. Mais en même temps, comment vous dire, j'en avais toujours eu envie. Alors je l'ai fait. J'ai bâillonné de la main la demoiselle et de l'autre je lui ai planté mon couteau dans le dos, la gorge et le ventre. Sans lâcher ma prise, je l'ai planté comme ça. C'était facile, la lame entrait tout naturellement. Seul me dégoûtaient les bruits des estocs et des gargouillis de chair et de sang. Quand elle s'est affaissée et est restée silencieuse, je l'ai lâchée. Il n'y avait personne dans la rue. J'étais transpirant, couvert de sang. Je suis parti, j'ai couru loin d'ici mais j'avais encore l'envie de tuer. Pas un besoin, juste une envie.
Depuis ce jour je tue. La police a retrouvé ma trace et monte dans l'escalier. J'ai ouvert le gaz. La porte s'enfonce sous les coups du bélier et les gardiens de la paix entrent dans l'appartement en trombe.
Allument la lumière.
Une explosion terrible. Tout s'est ralenti d'un coup. Les murs éclatent, les vitres aussi, m'entaillant la peau. Je sens mon oeil se crever sous l'impact d'un morceau de verre trop coupant tandis que de l'autre, je vois une flamme s'avancer vers moi. Je vois tout tomber autour de moi, en pluie de gravats, ça s'écroule. J'en n'ai rien à foutre, je n'ai plus rien à perdre.
Depuis ce jour je tue. La police a retrouvé ma trace et monte dans l'escalier. J'ai ouvert le gaz. La porte s'enfonce sous les coups du bélier et les gardiens de la paix entrent dans l'appartement en trombe.
Allument la lumière.
Une explosion terrible. Tout s'est ralenti d'un coup. Les murs éclatent, les vitres aussi, m'entaillant la peau. Je sens mon oeil se crever sous l'impact d'un morceau de verre trop coupant tandis que de l'autre, je vois une flamme s'avancer vers moi. Je vois tout tomber autour de moi, en pluie de gravats, ça s'écroule. J'en n'ai rien à foutre, je n'ai plus rien à perdre.
Scribouillé à la plume par votre Humble,
Flo
Pile-poil à
7/13/2011 03:31:00 PM
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lundi 30 mai 2011
Dégueulasseries
C'est fou d'aimer à ce point l'autodestruction, scruter toutes les parcelles de sa peau, trouver celle qui est blessée et appuyer très fort dessus, juste pour ressentir une électricité qui fait grimacer, la simple réaction d'un nerf qui fait ça pour qu'on arrête d'appuyer dessus mais on continue, et petit à petit, on perce la peau d'une gouttelette vermeille et petit à petit on passe au travers des tissus, des muscles, des veines dans un déchirement inaudible et dans une douleur de plus en plus grande à chaque couche traversée. On arrive à l'os, mais cette fois ci, ce n'est pas un simple point qui est percé mais une faille, une fissure qui s'écarte au fur et à mesure de la progression, arriver à la moelle osseuse et continuer, passer de l'autre côté. Tourner la lame, juste pour briser pour de bon cette chose et continuer, percer à nouveau toutes ces couches, et finir par déchirer la peau encore une fois dans un flot de sang atrocement sensible. Et pendant cette lente écorchure, hurler, hurler à pleins poumons, à s'en irriter la gorge et à en arracher les cordes vocales, sentir le métal de l'hémoglobine vous emplir peu à peu la bouche, et une fois que vous n'avez plus la place pour laisser passer de l'air, devenir une fontaine macabre, qui dans un gargouillis immonde continuera de hurler, de se brûler les cordes vocales, pour le simple plaisir des sens.
Je déteste le corps humain, trop flasque, trop blanc, sans surprise, le corps des garçons est horrible et plat, difforme et décomposé, voué à l'échec de la mortalité. Être un Adonis et se vouer dès la naissance à la putréfaction pourrissante moisissurienne la plus ignoble, dévoré par les vers, creusé par les mouches, les humeurs stagnantes commençant à libérer les senteurs que même les Enfers ne recèlent pas. L'oeil autrefois vif devient jaunâtre, vitreux, se liquéfie et finit par pourrir, comme le reste et d'ici quelques années il ne restera de vous que quelques dents et une montre à gousset détruite depuis longtemps, n'imaginez pas être supérieur pour telle ou telle raison, tôt ou tard on vous charcute et vous vous rappelez que vous êtes absurde
Je déteste le corps humain, trop flasque, trop blanc, sans surprise, le corps des garçons est horrible et plat, difforme et décomposé, voué à l'échec de la mortalité. Être un Adonis et se vouer dès la naissance à la putréfaction pourrissante moisissurienne la plus ignoble, dévoré par les vers, creusé par les mouches, les humeurs stagnantes commençant à libérer les senteurs que même les Enfers ne recèlent pas. L'oeil autrefois vif devient jaunâtre, vitreux, se liquéfie et finit par pourrir, comme le reste et d'ici quelques années il ne restera de vous que quelques dents et une montre à gousset détruite depuis longtemps, n'imaginez pas être supérieur pour telle ou telle raison, tôt ou tard on vous charcute et vous vous rappelez que vous êtes absurde
Scribouillé à la plume par votre Humble,
Flo
Pile-poil à
5/30/2011 01:37:00 PM
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